mercredi 20 septembre 2017


 Avis aux bretons !

Venez retrouver Paroles de sorcières dans le cadre de Kizellan du 23 septembre au 8 octobre 2017 au presbytère de Mellionnec dans les Côtes d'Armor, mon village natal !!!
http://www.kizellan.fr/

Paroles de sorcières
(Dans le jardin)
Que nous racontent aujourd'hui ces femmes qui vivent à l'écart du monde, sans hommes ni protecteurs? Elles semblent libres, mais à quel prix ? Qui sont les sorcières des contes ? Pourquoi vivent-elles seules? Sont-elles des mères égarées ? Des belles perdues ? Pourquoi volent-elles les enfants ? Inquiétante, attirante, tantôt laide, tantôt belle, mangeuse d'enfant, voleuse de bébé, guérisseuse, marraine maudite, parfois femme ressource : cette série photographique vient explorer la figure féminine de la sorcière.

Casper 26
(Dans le Presbytère)
Petite il y a longtemps, je vivais dans un monde peuplé de livres et de leurs habitants.
Fantômes et esprits marchaient dans mes pas. Plus tard, j'ai cru qu'ils m'avaient quittés. Jusqu'au jour où...
Casper 26 est une série (inachevée) de portraits d'enfants qui laisse toute sa place à l'étrange, au merveilleux, à l'inquiétant, à ce que l'on ne voit pas et que l'on craint d'imaginer. C’est une tentative de retrouver le monde élastique de l'enfance.

Je serai présente sur place le week-end du 7 et 8 octobre et je vous propose une ballade contée dans l'exposition le samedi 7 octobre à 15 h et à 18 h.
Attention jauge limitée, contes tout public à partir de 7 ans.
Au plaisir, n'hésitez pas à en parler autour de vous !

Eurgen

lundi 11 septembre 2017

On est tous égaux même les femmes, épisode 9 : les Anonymes du Net

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles du monde et de ses habitants, il est plus que temps que je vous parle d'une espèce en voie d'expansion rapide, même si elle ne se reproduit pas : l'Anonyme du Net.

Cher Anonyme, qui que vous soyez, cet article est pour vous, en votre honneur, car j'ai pu vous rencontrer vraiment il y a quelques temps et vous comprendre un peu mieux.

Tout a commencé un lundi matin de mars, j'ai reçu des notifications comme quoi un certain Anonyme avait commenté plusieurs de mes articles de la série On est tous égaux même les femmes, la veille au soir, commentaires en attente de modération de ma part, je vous les livre tels quels :

"Est-ce une tentative de roman à velléités féministes un peu usées ? " sur LE chef et... LA chef

"Ce n'est pas en appliquant à l'autre un vocabulaire que l'on déplore pour soi que le problème peut se résoudre.C'est faire preuve de bien peu de réflexion que de raisonner ainsi.Le jugement moral est toujours présent. Ça rime à qui ? Ça mène à quoi? c'est au mieux une tentative de vengeance, surement pas le chemin vers l'égalité " sur La pute et la sémantique

J'ai commencé à réfléchir à la question de les publier, ce qui m’ennuyait un peu, c’était l'anonymat, mais bon pourquoi pas...
Seulement dans l'intervalle de ma réflexion j'ai reçu trois autres commentaires tout frais, les voici :

 "Que de rancœur!! Es-tu mal accompagnée? par quelqu'un qui qui refuse de faire la soupe.... ou pas accompagnée? " sur La cérémonie des Hopl'Awards
 
"Quel intérêt d'appliquer aux autres ce l'on déplore pour soi? vengeance? ressentiment? "sur La pute et la sémantique
 
 "T'as un problème avec les hommes? Il y a autant de sortes d'hommes que de femmes... Ton approche est réductrice et surtout stérile" sur Le café branché et la branche de céleri
 
Dites donc, cher Anonyme, voici que vous me tutoyez, plus encore voici que vous devenez un brin désagréable, voire que vous me jugez. 
Là, j’étais plus trop partante pour publier tout ça, ni pour vous répondre d'ailleurs.
Car, cher Anonyme, j'ai fini par comprendre une chose, que ce soit dans la rue ou sur le net, quand un homme ou une femme commence à vous chercher des noises, mieux vaut passer son chemin et ne pas répondre.
Comme dans les contes : Si je vous parle, je tombe en votre pouvoir.
 
Donc j'ai décidé de me taire et j'ai laissé filer l'affaire.
 
Seulement deux jours plus tard, vous êtes revenu à la charge avec deux nouveaux commentaires, cette fois en votre nom. 
Surprise 1 : vous êtes un homme. 
Surprise 2 : vous venez de vous abonner mon blog, Google me l'a dit.
Voici déjà les commentaires, de nouveaux sur la pute et la sémantique (votre  article préféré me semble-t-il) :
 
"C'est très peu réfléchi de penser l'égalité par ce biais. Ça ressemble à un règlement de compte. Pourquoi tant de haine pour les hommes? Certains t'ont fait du mal? "

 "C’est très peu réfléchi comme chemin vers l'égalité. Imposer à l'autre ce qu'on lui reproche est stérile. Pourquoi tant de haine des hommes ? "
 
Alors cher Anonyme (enfin plus vraiment pour moi)
Vous qui vous passionnez pour ce que j'écris sur mon blog
Vous qui commentez ce que j'écris
Vous qui êtes même abonné à mon blog
Vous qui me tutoyez
Vous qui me parlez sans cesse de haine

J'ai aujourd'hui une simple question :

A quoi bon lire un blog qui vous déplaît tant ?

Le monde est grand et Internet plus encore. Alors, allez en paix, vous trouverez ce que vous cherchez un peu plus loin certainement.

De plus, sachez, cher Anonyme, que je suis incurable, que mes paroles et mes opinions m’appartiennent, même si elles sont publiées sur Internet, que je ne changerai rien ni sur le fond, ni sur la forme.

Heureusement, deux jours plus tard, cher Anonyme, vous vous êtes répondu à vous-même.
Via le formulaire de mon blog, j'ai reçu ce message :

"A quoi bon écrire des commentaires s'ils ne sont jamais publiés ? " 

Ainsi vont les Anonymes du Net*, ils ne font que se répondre à eux-même.
Une fois l'affaire faite, ils retrouvent la paix et passent leur chemin.
Tout est bien qui finit bien...




*Attention de nombreux Anonymes du Net sévissent sous un pseudo, voir en leur nom propre, comme si Internet avait le pouvoir d'effacer leur identité véritable. C’est sûrement le paradoxe le plus incroyable de ce siècle. Imaginez vous en train de marcher dans la rue avec un badge à votre nom, puis vous vous mettez à commenter ce que font les passants, à les critiquer, à les insulter parce que leur tête ou leur comportement ne nous revient pas...


 

mercredi 24 mai 2017

Les Histoires secrètes de la bouche d'en bas, du 23 au 27 mai 2017 à l'Espace K


Venez découvrir les Histoires secrètes de la bouche d'en bas, un spectacle poétique et réjouissant ! Tous les soirs à 20h30 !


Installation Paroles de sorcières : jusqu'au 27 mai 2017 !

video

Plus que quelques jours pour découvrir en live et en HD grand format l'installation Paroles de sorcières !
Ouverture de mercredi à samedi de 15 h à 19 h et le soir avant et après les spectacles.
http://www.espace-k.com/
www.eurgen.fr

samedi 13 mai 2017

Paroles de sorcières du 18 au 27 mai 2017





Vernissage le jeudi 18 mai à partir de 18 h à l’Espace K
10, rue du Hohwald à Strasbourg, entrée libre.

L'exposition sera accessible au public du 19 au 27 mai de 15 h à 20h30 
(sauf le lundi), l'entrée est libre.
Vous pourrez entendre les paroles des sorcières les 20 et 21 mai à 15 h et 17 h : Performance contée dans l'exposition, durée 50

min, pour les femmes, les hommes et les enfants à partir de 8 ans (attention, ce n’est pas un spectacle jeune public), tarif unique : 7 €
Réservation Espace K 
03 88 22 22 03





dimanche 18 décembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 8 : la pute et la sémantique

Celle-ci sera brève, c'est bientôt Noël, on n'a pas trop le temps de changer le monde.
J'ai très souvent entendu dans la bouche des hommes (et même de certaines femmes) dire à propos d'une femme qui a des relations avec au moins deux hommes, soit de manière rapprochée, soit au même moment que c'est une pute.
Pourtant, on sait bien qu'une pute, ou moins vulgairement une prostituée, c'est une femme qui se fait rétribuer pour avoir des relations sexuelles.
C’est pourquoi d'autres préféreront employer à l’égard de cette même femme le terme de salope, qui celui-là n'induit pas de relation d'argent et implique de la part de cette femme une duplicité perverse supplémentaire. Oui, elle le fait par plaisir.
A ne pas confondre avec le versant masculin, le salaud est un homme qui fait souffrir particulièrement une seule femme, en général en la quittant pour une autre. Il est entendu que la femme quittée ne peut pas se remettre de cette perte immense.
Salope et salaud n'ont pas les mêmes significations. C'est troublant. Et discriminant.
Tout le monde sait qu'un homme qui des relations simultanées et/ou rapprochées avec au moins deux femmes, est appelé un séducteur, un coureur de jupon, un homme à femmes
Personnellement, on ne m'a jamais parlé de femme à hommes. Mais il n'est pas exclu que ça existe.
Les mots sont puissants. Ils ordonnent notre pensée et notre monde.
Et je viens de découvrir avec stupéfaction, en ce quatrième dimanche de l'Avent, que le mot pute ne s'applique qu'aux femmes.
C'est pourquoi en cette veille de Noël, je propose bien fraternellement de réparer cette injuste discrimination. 
Oui, je suggère qu'on puisse, nous aussi, abuser le langage.
Et qu'enfin on puisse dire à propos d'un homme qui a des relations nombreuses et multiples avec plusieurs femmes (ou hommes) que c'est :
un pute
un gros pute
un sale gros pute.

Voilà, joyeux Noël.
Liberté, égalité et fraternité dans votre bouche et votre cœur.



mercredi 7 décembre 2016

Le croquemitaine et la démocratie, des nouvelles du monde




Tu m'entends ? Dis tu m'entends bien, je dois te parler, c’est le moment...
C'est évident maintenant tu connais bien la démocratie, je ne te ferai pas l'affront de te l'expliquer à nouveau.
Mais le croquemitaine tu le connais ?
Tu sais, il se cache sous le lit des petits enfants comme toi, dans des lieux glauques et sombres. Papa et maman t'ont prévenu, le monstre est affreux, féroce, étrange, venu d'un autre monde, il viendra t'emporter, te dévorer et que sais-je encore, si tu n'es pas sage.
Tu n’es pas bien sûr que tu as été suffisamment sage, tu as peur chaque soir quand tu dois te coucher, et tu as peur aussi dans les lieux sombres et inconnus qui peuplent le monde.
Alors tu demandes à tes parents de te protéger.
De vérifier qu'il n'y a rien sous le lit, de laisser la lumière allumée, de fermer la maison, de surveiller ta chambre la nuit.
Tu as confiance en tes parents. S'ils disent que le monstre est là c'est qu'il est là. Papa et maman sont là pour toi. Ils n'ont aucune raison de te mentir. D'ailleurs ils t'ont dit que mentir c'est mal.
Tu te tiens tranquille, tes parents règnent sans partage sur la maisonnée. Au besoin, si tu n'es pas sage, les parents convoquent le monstre et tout rentre dans L'ORDRE.
....
Mais, maintenant, tu sais bien qu'il n'existe pas le croquemitaine, tu es un adulte. Tu sais raisonner, comprendre, parler. Tu es informé de la nature du monde. Tu es cartésien. Tu es sage. Tu aimes les gens.
Tu peux dormir tranquille. 
Mais tu regardes quand même sous ton lit.
Tu as entendu dire partout, tout le temps, qu'il s'y cachait tant de monstres velus et assoiffés de ton  sang, de ton argent, de ta maison : des réfugiés, des fraudeurs, des immigrés, des femmes, des terroristes, des avorteurs, des jeunes de banlieue, des fonctionnaires, des allocataires, des intermittents du spectacle, des accidents de voiture, des cancers mortels, des chômeurs, des feignants, des profiteurs...
Ils sont là, tapis, prêts à sortir quand la nuit sombre s'étendra sur notre pauvre monde. 
C'est vrai bien sûr, tes autres parents, ceux de la nation, te l'ont dit. Et tu sais de source sûre que ce ne sont pas des menteurs. Parce c’est mal de mentir.
Mais ce qui est rassurant c’est qu'ils vont prendre des mesures. Des super mesures pour ta sécurité. Et pour que tout rentre dans L'ORDRE.
Avec ça et ton Tranxène, tu dormiras enfin tranquille.
Au fait, quelle rapport avec la démocratie ? Hein ?? .....

-  Lève toi c’est l'heure ! Hein quoi, qu'est-ce que tu dis ?
- Je ne sais plus, j'ai dû rêver, j'étais en France en 2016. Il y avait des croquemitaines partout dans les rues. Quel horrible cauchemar...

Heureusement, ma mère m'a réveillée, c’est l'heure de l'école. Faut que je me dépêche, je vais être en retard.
Aujourd'hui, cours d'histoire : La chute des régimes démocratiques au 21ème siècle : le Grand Tournant du Trumpisme et les origines de L'ORDRE.
J'espère avoir une bonne note.

Rêveuse Anonyme,
France, le 7 décembre 2116.



 
 






 




Paroles de sorcières, contes pour les femmes et les hommes



Abracadabra, venez sorcières et magiciennes.

Admirez la petite qui fait ses premiers pas dans les empreintes de l'ours, elle a les yeux immenses
Elle collectionne les mots de grands
Pour plus tard
Maintenant regardez la jeune fille qui palpite pour les hommes pressés d'obtenir ses charmes
Ils ont des yeux de loup
Elle hésite

Abracadabra elle s'est mise contre toi
C'était tellement simple que ça lui a fait peur
C'était un coup du sort
Elle est restée là, pendue à toi

Abracadabra venez sorcières et magiciennes
Voyez la femme pressée derrière ses enfants qui porte en chagrin la jeune fille passée
La colère gronde la sorcière arrive dans son ventre

Abracadabra la femme fait des rêves, elle connaît les sorts et les envoûtements des hommes et des femmes
Absorbe leurs secrets
S’inhibe de leur peine
Ils sont nus pour elle
Et elle, la sorcière, danse nue la nuit, c'est bon et drôle

Abracadabra le temps passe de sorts en sorts
On vient de loin pour voir la guérisseuse
Le temps passe et l'absorbe petit à petit

Et maintenant, qui es-tu vieille sorcière?
Tout ce que tu as vu, tout ce que tu sais,
Pourvu que tu ne brûles pas sur le bûcher...

Venez découvrir Paroles de sorcières en avant-première à La Ruche aux Deux Reines jeudi 8 décembre à 21 h !
C'est au 34, rue de la course à Strasbourg.




 

samedi 3 décembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 7 : Le café branché et la branche de céleri

Alors hier au soir, pour vous dire si c'est frais, je suis allée avec trois collègues prendre l'apéro dans un café branché de Strasbourg.
Vous savez le genre d'endroit où tout le monde est assis en bonne intelligence et en bon niveau socio-culturel à la même grande table à boire de mauvais cocktails très chers.
Assis à côté de nous, il y avait un groupe, des collègues également, des hommes et des femmes d'une quarantaine d'années. La conversation s’est engagée entre les deux hommes à nos côtés et nous trois. L'homme à côté de moi, plutôt sympathique au demeurant, s’appelait T... (Il m'a demandé de garder l'anonymat).
Ma collègue en face avait pris un cocktail dans lequel était planté, on ne sait trop pourquoi, un branche de céleri frais. Quelqu'un a demandé pourquoi elle ne mangeait pas le céleri en question. Ce à quoi elle a répondu : "beurk c'est pas bon, c’est tout mou".
Et toi, sympathique T., de lui lancer : "T'aimes pas les trucs mous, ça tombe bien..."
Bien sûr j'ai relevé. Tu étais un peu gêné quand même. Puis je t'ai dit que j'écrivais un blog au sujet des hommes et des femmes. Là, tu étais extrêmement gêné, voir honteux, tu m'as demandé de ne pas écrire là dessus et tu m'as assuré que tu étais pour l'égalité des hommes et des femmes.
A vrai dire je te crois. Tu m'avais tout l'air de quelqu'un de respectueux et plutôt sensible, pas du genre à dire ça.
Mais alors ???
Oui, alors cher T. qu'est-ce qui peut te pousser à comparer ton sexe à une branche de céleri pour séduire une femme ?
Rassure-toi, tu n'es pas le seul, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde dans des cafés branchés du monde entier ou ailleurs, d'autres  hommes comparent leur sexe à tout un tas de choses plus ou moins longues, grosses et dures dans le but de séduire des femmes.
Je me permettrais donc de te livrer ma statistique du jour : cela fonctionne dans moins de 5 % des cas
Et, cher T., ce n’est pas pas parce que les femmes ne s'intéressent pas au sexe des hommes, elles s'y intéressent beaucoup contrairement à ce que tu penses. Il paraît même que certaines, dont je suis, aiment le sexe des hommes.
Alors me diras-tu?
Alors, je vais te livrer un secret de séduction jusque là bien gardé qui t'évitera des déconvenues à venir : moins de 5 % des femmes aiment le céleri....
Mais chut...
Sur ce, je t'embrasse cher T.,
Au plaisir,

Eurgen



vendredi 4 novembre 2016

OtO n'affiche rien au Séchoir





Ot0 m'a invitée au Séchoir à participer à son exposition personnelle du 11 novembre au 18 décembre 2016.
Venez découvrir  :
Casper 26 Série inachevée
Petite il y a longtemps, je vivais dans un monde peuplé de livres et de leurs habitants, fantômes et esprits marchaient dans mes pas. Plus tard, j'ai cru qu'ils m'avaient quittés.
Jusqu'au jour où...
Vernissage en fanfare le 11 novembre à 18h30.
Plus d'informations sur Le Séchoir
L'évènement sur facebook 


mercredi 2 novembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 6 : La cérémonie des Hopl'Awards

En faisant la soupe familiale par cette belle soirée du 1er novembre, jour de fête de tous les saints, j'ai repensé à cet incroyable évènement auquel j'ai assisté samedi dernier : 
La cérémonie de remise des Hopl'Awards .
Il faut absolument que je vous raconte ça. J'adore les cérémonies et celle-là était particulièrement réussie.
Alors déjà, pour les lecteurs non alsaciens et/ou non informés, je précise qu'il s'agissait de remettre des récompenses, sur le principe des Césars ou autres Emmy Awards, à des artistes strasbourgeois dans diverses catégories (clip, musique, photo…). Le principe est plutôt drôle, cela permet de gagner un peu de notoriété, des résidences pour les artistes. Les artistes, 10 par catégories, ont été préalablement sélectionnés par un vote du public sur internet, puis la sélection finale de 3 et le lauréat ont été choisi par un jury de professionnels.
Bien, voilà donc réunies 500 personnes sur leur 31 à la Cité de la musique et de la danse de Strasbourg dont beaucoup, beaucoup d'artistes de divers horizons. Crémant, lumières et musique, remise de prix, tout le monde est joyeux et un peu excité.
Pour éviter toute polémique inutile, je propose de faire abstraction du fait que sur les 12 catégories, il y avait seulement deux femmes nominées (Manuela Gross et Léopoldine HH, je les cite pour mon plaisir personnel), et aucune lauréate au final. Le public (plus de 40 000 votes, paraît-il) a voté en son âme et conscience. Certains appellent ça la démocratie.
Moi ce soir,  je voudrais parler tout particulièrement de celle qui fut à mon sens l'héroïne de la soirée, une jeune femme blonde, très, très mince vêtue d'une robe de soirée noire, bien coiffée et maquillée. Cette jeune femme anonyme (puisque nous ne saurons jamais son prénom) était chargée de la délicate et non moins périlleuse mission d'apporter aux deux maîtres de cérémonie les enveloppes contenant les noms des lauréats afin qu'ils soient dévoilés au public.

Puisque, à mon grand regret, la vidéo n'est pas disponible en replay, je vous décris la scène.
Deux hommes au micro, bien habillés, humour urbain, juste comme il faut, ce sont les maitres de cérémonie. Ils sont irréprochables et sympathiques. Et je le dis sans aucune ironie.
"Les trois nominés sont… blablabla".  Les noms apparaissent sur un écran.
Roulement de tambour. "Et qui sera le lauréat ?"
Et là, sortant des coulisses, le sourire collé au visage cette incroyable jeune femme qu'ils gratifient d'un très généreux : "Voilà Notre Hôtesse"  (sourires entendus des messieurs) " elle est célibataire" …. Elle  tend l'enveloppe sans dire dire un mot et repart sous les applaudissements et les rires.
Elle reviendra plusieurs fois Notre Hôtesse et sera gratifiée de biens d'autres sourires et remarques entendues ! Tout ça m'a trop écorché les oreilles pour que je le retienne. C'est aussi elle qui amènera le prix et la bouteille de crémant au lauréat. Et qui lui fera la bise pour le féliciter. Elle ne prononcera pas un seul mot pendant les 2 h de la cérémonie.
Mais le pire reste à venir.
Le maître de cérémonie annonce : "Et maintenant Notre Hôtesse…. Aaahh, mais non, Mesdames on a pensé à vous (sourires entendus et complices), après tout il n'y a pas de raison…"
Et là, sous mes yeux estomaqués, surgit de la coulisse un jeune homme tout raide et tout joli dans son jean moulant, le sourire vide et l'enveloppe à la main.
"Mesdames... il est est célibataire… j'ai son 06." Il tend l'enveloppe sans un mot et repart sous les applaudissements et les rires. Lui non plus ne dira rien.
Non, vous ne rêvez pas, ils ont décliné l'Hôtesse en version masculine. 
Au nom de la parité.
Alors moi devant ma soupe, là maintenant je dis haut et fort comme je le pense : c'est gentil les gars de penser à nous les femmes, c'est vrai comme on peut pas vraiment s'élever  au dessus de notre condition d'Hôtesse, vous n'avez qu'à descendre pour vous mettre à niveau. Fallait y penser, simple comme bonjour. Mais nous, on n'a pas le temps de penser à tout ça, il y a la soupe à faire.
Alors MERCI, mille fois MERCI. Je vous embrasserai bien, mais vous êtes pas là. J'ai manqué l'occasion l'autre soir.
Bon Hopla comme on dit ici, c'est pas le tout, mais ma soupe est finie. 
A table et, surtout, bon appétit.

Votre Hôtesse Dévouée.












mercredi 26 octobre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 5 : la professionnelle

Il y a quelques mois, alors que j'étais dans une impasse artistique dont je n'arrivais pas à sortir seule, j'ai décidé de prendre rendez-vous avec une professionnelle de la photographie pour ce que l'on appelle une lecture de portfolio. Dans mon idée, j'allais bénéficier de conseils, de pistes, d'un regard qui allait m'aider à avancer.
Ainsi fut fait. J'ai été reçue pour présenter mon travail.
Le verdict a été rapide et sans appel.  
Cadrages ratés, technique largement insuffisante, traitement colorimétrique mauvais, rien à sauver tant sur le fond que sur la forme. Je sais que je ne suis pas une grande technicienne mais quand même.
La professionnelle est... professionnelle. Froide et glacée, pas un sourire. Me précise qu'elle reçoit chaque jour des photographies de professionnels (eux?). Elle connait son travail. 
Dans ma tête je ne peux pas m’empêcher de penser qu'elle n'a pas l'air très heureuse, déformation professionnelle, d'habitude j'essaie de soigner les gens.
Je montre d'autres séries. Sans plus de succès. Bizarrement j'ai l'impression de rétrécir, je ne dois pas mesurer plus de 2 cm. La taille d'une vignette de planche contact.
Le couperet tombe : "Est-ce que vous vous définissez comme photographe ?"
Je ne me souviens même plus de ce que je lui ai répondu. Si quelqu'un sait répondre à une question pareille, je l'invite à me contacter d'urgence.
Au bout de 25 minutes l'affaire était pliée, j'ai pris ce qu'il me restait de dignité, je l'ai remerciée (mais pourquoi donc??) et j'ai filé sans demandé mon reste. 
C’était donc ça mon impasse, c’est que j’étais nulle à tous points de vue. J'ai pensé vendre mon appareil. Je ne l'ai pas fait. Mes proches m'ont remonté le moral. Elle me l'avait glissé quand je lui avait dit que j'avais  des bons retours sur mon travail : " oui enfin les proches, les amis..." 
Trois semaines plus tard j'ai décroché un lieu d'expo pour mon projet dans l'impasse. Un vrai lieu. Je suis même dans la programmation professionnelle.
Étrange non?
J'ai repensé à une histoire japonaise.
Un disciple qui voulait voir son maître est venu frapper à sa porte.
- Qui est là?
- Rinzo
- Va-t'en s'écria brutalement son maître et il accompagna le tout d'une insulte.
Rinzo s'en alla s'en comprendre et revint plusieurs  heures plus tard frapper timidement à la porte.
De nouveau le maître lui demanda:
- Qui est là?
- Rinzo
- Va t'en !
Et le maître ajouta plusieurs insultes méprisantes.
Rinzo s'en alla attristé et désemparé. Il passa toute la nuit à souffrir et à réfléchir.
Au petit matin les yeux gonflés, le cœur incertain, il alla une troisième fois frapper à la porte de son maître.
- Qui est là?
- Personne.. répondit faiblement Rinzo
- Ah Rinzo c'est toi, entre donc! répondit le maître. 

Extraite de l'excellent livre de Jean-Claude Carrière, Le cercle des menteurs

Pour l'expo c'est par là :







mercredi 14 septembre 2016

On est tous égaux même les femmes : épisode 4, les femmes fantômes

De plus en plus, je croise dans la rue des femmes couvertes de tissus épais et souvent hideux, habillées comme en plein hiver dans la chaleur torride.
Elles sont là, à l'école, à la boulangerie, chez le médecin, parfois elles me font l'effet de glisser sur le sol. Comme des fantômes.
Elles semblent croître et se multiplier chaque jour.
C’est faux bien sûr, elles étaient déjà là depuis longtemps mais le paradoxe c’est qu'avant qu'elles ne se cachent, je ne les voyais pas. Maintenant je ne vois plus qu'elles.
Moi je suis  féministe, je crois, et on n’est pas si nombreux, qu'une femme vaut un homme.
Et je crois même que je suis libre, autant qu'on puisse l'être.
Je m'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin aux femmes, je lis, j'écoute, j'entends qu’elles sont bien libres de faire ce qu’elles veulent, ce qu'elles ont choisi.
Seulement, si je ne me trompe pas, cet habit a bien la fonction de soustraire certaines parties du corps de la femme aux regards d'autres hommes que son mari (père, frère). Car ses parties du corps appartiennent à son mari (père, frère). Et, que si un autre homme les voit, elle deviendra impure, par la voie du regard.
D'ailleurs, quelqu'un peut-il me dire si c'est le regard de l'homme qui est très sale ou la femme très salissante?
En tous cas, et ce n’est pas un abus de langage, cet habit signe son appartenance à son mari (père, frère).
Déjà, comment peut-on appartenir à quelqu'un? Lui soumettre son corps et son image? Et se dire libre dans le même temps. C'est impossible. Ou alors je ne comprends rien.
Elles me diront qu'elles ont leurs raisons.
Je peux comprendre leur Foi. Leur Foi leur appartient.
Mais leur corps, leur destin à qui appartient-il?
Impossible de dire que ces femmes sont les égales de l'homme. Sauf si bien sûr leur mari (père, frère) se couvrait lui aussi pour sortir dans l'espace public afin de préserver sa pureté pour sa femme.
Cela ferait sourire, non?
Aujourd'hui, j'étais dans un cabinet de radiologie avec mon fils. Il y avait dans la salle d'attente une de ces femmes fantôme avec son mari. Son tour est venu. Vous savez comment cela se passe. On entre dans la cabine d'un côté, on ferme à clé et on ressort de l'autre pour la radio. La femme s'est levée quand on l'a appelée, le mari sur les talons, et ils sont entrés dans la minuscule cabine tous les deux. La femme qui s'occupait des radios a dit gentiment : "Madame peut venir seule" . Le mari a refusé. La porte s’est fermée.
Un peu plus tôt, j'avais aussi accompagné mon fils de 9 ans dans la cabine. C'est encore un enfant.
D'abord, j'ai pensé que cette femme ne pourra jamais dire à son mari : "Attends-moi, j'y vais seule"
Puis je me suis souvenue qu'en Arabie Saoudite une femme n'a aucun droit, qu'elle est entièrement sous la tutelle de son mari (père, frère) et qu'elle est considérée comme un enfant. En Arabie Saoudite.
Je n'ai pas envie de vivre en Arabie Saoudite.
Je n'ai pas envie de vivre au milieu des femmes fantômes.
Je n’ai pas envie de penser qu'il y a des femmes soumises, inférieures, cachées.  Je n'aime pas voir une femme très, très couverte marcher derrière son mari chez Ikea ou à la gare.
Je n'aime pas qu'on brandisse le droit à la liberté individuelle pour enfermer, soumettre, cacher.
Je pense que ça va mal pour ces femmes aujourd'hui en France. Quoiqu'elles en disent. Elles sont en train de disparaitre dans cette masse de fantômes chaque jour plus grande.
Moi ça me révolte intimement et personnellement en tant que femme.
Quoi faire d'autre qu'écrire, j'aimerais bien le savoir??




mercredi 6 juillet 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 3 : LE chef et ... LA chef

Un peu plus tard, il m'est arrivé, avec bonheur, d'avoir un deuxième enfant. 
Lorsque j'ai repris le travail, moins fragile que la première fois, de nouveau à temps partiel, tout s'est bien passé. Je connaissais la chanson, comme pour l'accouchement, je ne me laisserai pas surprendre deux fois. 
Cette fois pas de changement de planning, j'ai retrouvé ce que j'avais, même si je devais faire pareil en deux fois moins de temps, mais comme il se trouve que j'aimais mon travail, ce n'était pas un problème. 
Mon enfant a grandi, un peu, pas beaucoup, et j'ai senti, allez savoir pourquoi, que je devais augmenter à nouveau mon temps de travail pour ne pas perdre ce poste que j’aimais beaucoup. "La loi me protège, je suis tranquille" j'ai pensé.
Sauf que.... ma demande n'a pas abouti. Le bout de poste manquant avait... disparu, en même pas six mois !
J'ai commencé à avoir peur, je me souvenais de la dernière fois, pourtant j'ai pris rendez-vous avec LE Chef, celui de la dernière fois, celui qui m'avait fait pleurer.
Le jour dit, je suis allée le voir, heureusement ce n'était pas le même bureau que la dernière fois. Il m'a souri d'un air bonhomme. "Oui, oui je sais mais vous savez je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi qui décide, à l'hôpital les postes peuvent disparaitre (vraiment désolé mon p'tit  vous êtes bien mignonne mais ici c’est sérieux une affaire d'homme qui s'y connaissent), veuillez contacter LA chef au-dessus elle pourra peut-être faire quelque chose pour vous mais ce n’est pas sûr, les temps sont durs, on ne décide plus de rien nous les médecins".
J'ai donc appelé LA chef au-dessus qui m'a fixée un rendez-vous.
Elle m'a reçu dans son bureau. "Oui je sais c’est bien ennuyeux ces postes qui disparaissent (pendant que les femmes font des enfants), moi-même je n'y comprends rien, j'aimerais tant vous aider mais ce n’est pas moi qui décide c’est LE chef de l'autre filière désolée."
Alors, j'ai appelé LE chef de l'autre filière, celui qui m'avait fait pleurer la dernière fois que j'avais eu l'idée saugrenue de faire un enfant.
"Désolé pour toi, mais je n'y suis pour rien les postes disparaissent on ne sait comment, c'est la direction mais faudrait voir de toute façon, est-ce que ton activité est vraiment justifiée et présente un intérêt pour les patients, un mi-temps suffit tu ne crois pas? Prouve moi que ce que tu fais est vraiment utile"  
Je n'ai pas pleuré mais à ça c'est fendu à l'intérieur de moi. J'ai commencé à justifier l'utilité de mon travail, d'ailleurs "ici on est content de moi et c'est très utile pour les patients". Embourbée j'étais.
"Désolé mais je ne peux vraiment rien faire" il a ajouté.
J'ai pleuré longtemps dans mon bureau.
Le lendemain, j'ai appelé un syndicat de l’hôpital, je me suis affiliée.
Le mois d'après je réintégrai mon poste. Comme le loi le prévoit. Comme j'en ai le droit. Comme vous en avez le droit. Comme nous en avons toutes le droit. Même vous Madame LA Chef. 
Ce soir, je pense spécialement à vous. 
Et vous, à quoi pensiez-vous l'autre fois? 
J'aimerais tant savoir...


A suivre.... La revanche des femmes




mardi 21 juin 2016

On est tous égaux même les femmes : Episode 2, Le chef

Un jour, j'ai eu un enfant. Quatre mois après sa naissance, j'ai repris mon emploi dans la fonction  publique hospitalière. Comme la loi m'y autorise, j'ai repris à mi-temps afin de passer du temps avec mon enfant.
A mon retour, la quantité de travail était exactement la même qu'avant mon départ.
Mon chef de service du moment n'aimait pas trop les congés maternité. Et encore moins les temps partiels.
Moi c'était mon premier enfant, j'allaitais encore. J'étais pleine d'hormones. On parle souvent des femmes et de leur trop-plein d'hormones (règles, grossesse, allaitement, ménopause). Par contre on ne dit pas finalement pas grand chose du trop-plein de celles des hommes (propos salaces, harcèlements divers, viols et autres chauds lapins). 
Je crois que je préfère mes problèmes d'hormones. Ils sont moins dangereux pour les autres.
Bref, la mère débutante que j'étais a dû reprendre le travail. Avec moins de temps et un nombre constant de patients. 
Et voilà que tout à coup mon chef de service décide que je dois en plus intervenir dans une unité qui accueille de jeunes mères en difficulté avec leur bébé. Bizarrement, cela me met en difficulté moi-même car matériellement c'est très difficile de faire plus qu'avant en deux fois moins de temps et qu'en plus cela me ramène à mon propre vécu (très actuel) de la maternité. En réalité, je ne supporte pas de voir des mères maltraiter leur bébé, je n'ai pas la distance nécessaire pour faire mon travail. Je parle de ces difficultés à ma hiérarchie.
J'ai confiance, ils connaissent mon professionnalisme et mon intérêt pour les patients.
Qu'à cela ne tienne, on me fait savoir que ma présence n'est plus souhaitée à la réunion clinique, celle où chacun restitue son travail, où l'on évoque en équipe le projet de soin du patient, en gros l'endroit où tous les professionnels se doivent d'être. Comme ça je récupère du temps pour faire cette intervention supplémentaire.
Cela ressemble à un placard bien noir.
Je proteste donc.
Me voilà aussitôt convoquée dans le bureau du Grand Chef avec un autre grand chef (d'une autre filière, il y a plusieurs filières de chefs à l'hôpital) pour m'expliquer que j'ai intérêt à faire ce qu'on me dit et, surtout, que je n'ai pas à penser que ce que l'on me demande d'impossible pourrait altérer la qualité de mon travail. (D'ailleurs, j'entends bien que la primipare que je suis n'est pas vraiment légitime à avoir un quelconque cerveau). Mes capacités professionnelles sont remises en cause. Le pire c’est le ton paternaliste.
Moi et mes hormones, on se met à pleurer dans cet infect bureau. On n'est plus rien. En face, il y a ces hommes qui me regardent. On s’est compris me disent-ils. Il va falloir faire votre travail dans votre joli placard. Merci, au revoir.
Moi je pense que, bizarrement, mon collègue infirmier qui a deux enfants du même âge que les miens n'a jamais eu ce genre de problème. On n'a jamais remis en cause la qualité de son travail. D'ailleurs, il gagne bien plus que moi. Normal, c'est sa femme qui s'est mis à temps partiel.
Quand j'ai repris le travail, je me croyais forte et j'avais confiance, après tout j'avais mis au monde un enfant, ce n’est pas rien. Je sais maintenant qu'une femme qui vient d'avoir un bébé est fragile, très fragile. On devrait la protéger. 
Et cela n'a rien à voir avec l'égalité. 
Je vous entends : "Vous avez voulu l'égalité? Vous l'avez !". Mais vous n'avez jamais accouché Monsieur. Ni allaité. Ni porté un enfant. Vous êtes un ignorant. Non, pire, vous êtes un profiteur. Vous essayez de rasseoir vos couilles en haut d'un trône qui n’existe que dans votre tête.
Monsieur, c'est votre mère, votre femme, votre soeur, votre fille qui a pleuré dans ce bureau. Elle s'en souviendra toujours. Elle n'oublie jamais les humiliations. 
Alors, Monsieur, il arrivera bien un moment dans votre vie où vous serez fragile à votre tour, peut-être même allez-vous, à votre tour, trébucher sur vos hormones. 
A ce moment là, Monsieur, pensez à votre mère. Pensez-y bien.


dimanche 19 juin 2016

On est tous égaux même les femmes : Episode 1, Le goujat

Qu'on se le dise à nous, à eux, en ces temps rétrogrades, vous ne me couvrirez ni d'un voile, ni de votre mépris.
J’ai décidé de vous dénoncer un à un car il n’est pas utile de parler du nombre trop grand. Rien de tel qu'un bon cas particulier pour saisir toute l'ampleur du désastre.
A ceux qui pourraient penser que j'invente, je précise que mon imagination a ses limites.
Commençons par lui, croisé chez des amis, il passait la nuit à l'étage de la maison avec trois collègues, en location provisoire.
Moi, de passage pour la nuit également, j'ai dormi dans le salon en dessous sans savoir qu'il existait, jusqu'au petit matin, 8h30 le dimanche, où il a commencé à arpenter le plancher avec ses chaussures à talonnettes, clac, clac pendant 40 minutes, parfois il braillait avec ses collègues, des blagues sans doute. Un boucan d'enfer. Que du gras et du claquant au dessus de nos têtes. 
J’ai fini par me lever, mon amie qui les accueillait aussi.
Quand il est descendu, tout droit sorti d'une publicité pour une grande marque de champagne, armé de son sourire à fossette automatique, il m'a saluée, un peu étonné de me voir là. Il semblait chercher quelque chose. J'ai demandé, avec tout ce qui me restait de courtoisie :"Vous avez besoin d'aide?" Lui, a répondu, un peu goguenard et plein de sous entendu: "Oui, ça me gratte dans le dos
Dans mon regard, il a vu l'étonnement et le vacillement alors il a fait diversion en parlant avec mon amie, qui arrivait et qui n'avait pas entendu sa remarque.
Il est remonté très fier, en faisant claquer ses talonnettes puis ils sont redescendus tous les trois, costumes et talonnettes, il étaient là pour un salon, le salon de l'horlogerie. 
Lui c’est le boss. Il est designer en présentoir à montres. Il a tout juste 30 ans. Il est sûr, très sûr.

Ils nous ont dit au revoir, merci puis il a ajouté en riant grassement : "On vous a juste laissé les prostitués russes, elles dormaient, on n'a pas voulu les réveiller. On vous laisse les payer et quelqu'un viendra les chercher avec un 4*4 Cayenne!"

A suivre...


https://fr.wiktionary.org/wiki/goujat

jeudi 11 février 2016

Exposition collective Ad Libido au Séchoir



Exposition collective Ad Libido au Séchoir du 19 février au 3 avril 2016 avec une vingtaine d’artistes (peintures, sculptures, vidéos, installation, photographies...)

Extrait de la série Unes:
Les femmes ont-elles un sexe? Travail de recherche commencé en 2011, protocole de nudité, démarche sans fin, regard oblique...

Venez me retrouver pour le vernissage le vendredi 19 février à 18h30
et pour quelques  "Histoires secrètes de la bouche d'en bas", en compagnie de Stéphane Jordan le samedi 20 février à 18h
Plus d'infos:  http://www.lesechoir.fr/

Eurgen

Le programme:




samedi 23 janvier 2016

Femme fleur



Femme fleur des jardins clos
effeuillée aux fruits défendus
 croqueuse d'hommes tendres
émouvante aux larmes serpentes
cueillie un soir d’Éden
...




 
 







dimanche 10 janvier 2016

Vas-y rêve mon fils



"Réveille toi c'est l'heure "
"Attends maman je finis mon rêve "
"Raconte moi..."
"Non, c'est une trop longue histoire..."
Vas-y rêve mon fils.
Dans la radio une voix me dit que là bas à Madaya les enfants mangent  les feuilles des arbres bouillies
A Raqqa ils tapent dans des têtes coupées en guise de ballon, leurs mères sans visages les encouragent, elles sont toutes de noir vêtues. Quelqu'un est mort?
On raconte que leurs pères  bientôt en mille morceaux ne les tromperont jamais alors elles sont venues les épouser
Quand leurs yeux sont trop beaux d'autres femmes en noir leur mettent des amendes, elles peuvent aussi leur arracher les tétons avec des pinces ce sont des policières, elles ont le droit. Le devoir même.
Vas-y rêve mon fils
Le gaz se répand sur Los Angeles, de la boue toxique coule un peu plus loin.
Ailleurs des hommes se poignardent dans la rue, une journaliste a été décapitée
Que se passe-t-il de si bon matin?
Une autre femme pleure en arabe "s'il vous plait aidez-nous on meurt de faim les gens tombent dans la rue... mes enfants.. s'il vous plait..."
Elle me parle?
Mon fils dors encore... finit son rêve... je ferme les yeux...
La femme aux yeux noirs est chez moi avec ses trois enfants, j'ai mis une belle nappe, j'ai fait des gâteaux, nous mangeons et rions de bon appétit puis nos enfants sortent jouer au ballon l'air est clair la radio joue Summertime...
 
 "Maman réveille toi"
"Attends mon fils je finis mon rêve...