lundi 2 décembre 2013

Le visage nu





Ton corps pèse lourd mon amour 
et ton visage nu contre mon ventre 
s'accorde à me dire 
je t'entends 
je t'entends
et sans un bruit je t'aime à merveille 
le visage nu 
un jour après l'autre

jeudi 22 août 2013

je rêve




























  
je rêve 
du sexe
des anges
en silence
chut 
ne fais pas de bruit
c'est un secret
j'en rêve si souvent
en silence 
...



lundi 19 août 2013

fantômes II : tu peux pleurer le visage nu






- Ils sont partis?
- oui
- j'ai fait un rêve
- les fantômes ne rêvent pas...
- pourtant j'ai rêvé que tu me prenais dans tes bras j'avais froid et chaque nuit tu me prenais dans tes bras tu avais de nouveau le corps chaud et le visage nu tu avais le visage nu
- celui qui peut pleurer?
- oui celui-là même si je n'ai pas vu les larmes ensuite nous marchions sur la plage nous allions nous baigner la mer était froide mais pas froide comme maintenant plutôt un froid qui finissait par donner chaud avec des vagues gigantesques qui me remuaient dans tous les sens à tel point que j'avais peur de faire emporter alors je courais m'allonger sur le sable et ma peau avait la chair de poule
- et tu as senti le goût du sel après la mer?
- non j'ai senti l'odeur de la peau séchée au soleil une odeur bien vivante j'avais envie de la toucher alors j'ai posé mes mains sur toi et dans l'instant j'ai eu peur de te perdre à nouveau tellement peur que je ne pouvais plus te lâcher 
- allez ce n'est qu'un rêve n'ai pas peur tu peux te reposer maintenant 
- tu crois je verrai à nouveau ton visage nu?
- chut n'y pense plus c'est fini maintenant il n'y plus rien 

vendredi 9 août 2013

fantômes I



- je te connais?
- oui
- c'est étrange. Depuis quand?
- un peu moins de mille ans. Souviens toi, je portais un enfant
- c'était il y a très longtemps alors. J'ai quelques images, tous ces lieux ces gens autour de la table , des rires, les regards, oui ça devait être là, je sentais toutes ces odeurs, mon corps chaud la peur l'envie...
- une belle vie pleine d'histoires et d'encombres, nous en étions les merveilles sans le savoir. Oui c'est bien ça, on ignorait ce qui nous attendait 
- on ne l'a jamais vraiment su. Et après, que s'est-il passé?
- toute la vie
- c'est toujours trop rapide quand on y pense... Et après?
- le silence... L'odeur du silence, tu te souviens?
- une odeur lancinante et entêtante, à peine couverte par les mots, elle s'accrochait à mes vêtements 
- tu vois, je te l'avais dit qu'on était de vieux amis
- tu as raison, j'avais  oublié, les choses importantes finissent toujours par m'échapper. Et maintenant?
- nous sommes de très vieux fantômes, plus personne ne nous entend, nous devrions cesser de nous agiter
- le silence?
- chut, quelqu'un vient...




vendredi 26 juillet 2013

15 ans








J'ai encore l'âge de mes 15 ans qui se balancent dans la merveille du monde 
en avant en arrière j'ai tant d'élan 
je pense je sens je sais si fort que mes yeux s'allument ou s'éteignent dans la seconde 
chaque chose a une importance que vous ne pouvez même pas imaginer vous êtes devenus ignorants 
je n'ai pas peur moi 
je vais me balancer de plus en plus haut plus loin plus fort 
pas loin du parfait



vendredi 19 juillet 2013

La vie de chantier




La vie de chantier commence tôt sa journée 
Elle fait les hommes durs
Leurs mots hésitent tandis que leurs femmes les attendent au Sud
Ils ont les mains poussières les corps secs la patience inusable de ceux qui savent encore attendre
Ils font nos maisons nos routes notre luxe
jusqu'à tard le soir...

mercredi 3 juillet 2013

Abracadabra





Abracadabra venez sorcières et magiciennes

Admirez la petite qui fait ses premiers pas dans les empreintes de l'ours elle a les yeux immenses  
elle collectionne les mots de grands
pour plus tard...
Maintenant regardez la jeune fille qui palpite pour les hommes pressés d'obtenir ses charmes 
ils ont des yeux de loup 
elle hésite
Abracadabra elle s'est mise contre toi 
c'était tellement simple que ça lui a fait peur 
c'était un coup du sort 
elle est restée là, pendue à toi

Abracadabra venez sorcières et magiciennes
Voyez la femme pressée derrière ses enfants qui porte en chagrin la jeune fille passée  
la colère gronde la sorcière arrive dans son ventre
Abracadabra la femme fait des rêves elle connait les sorts et les envoûtements des hommes et des femmes 
absorbe leurs secrets 
s’inhibe de leur peine 
ils sont nus pour elle 
Et elle, la sorcière, danse nue la nuit c'est bon et drôle 
Abracadabra le temps passe de sorts en sorts 
on vient de loin pour voir la guérisseuse
Le temps passe et l'absorbe petit à petit

Et maintenant qui es-tu vieille sorcière? 
Tout ce que tu as vu, tout ce que tu sais, pourvu que tu ne brûles pas sur le bucher...






mardi 2 juillet 2013

Les odeurs








Les odeurs sont ma permanence mon herbe coupée ma sueur de l'âme. 
Elles réveillent mon petit animal endormi qui court se blottir contre ses amies familières. Parfois elles ne sont que des ombres qui m'enveloppent tandis que je renifle après leur souvenir.
Elles m'attirent ou me repoussent vers d'autres corps qui sentent   si bons, ou d'autres encore qui transpirent leur tristesse et leur maladie, sans compter l'amertume qui sent tellement mauvais.
Je les aime depuis toujours, surtout au creux du cou. J'en connais de nombreuses, je renifle après leur passage le connu, le déjà vu, l'étranger, l'amour qui traverse la rue, les cheveux de mes enfants.
Je sens encore la fumée d'une ancienne cigarette que nous avons partagée, le vieux t-shirt d'une nuit blanche, le lit fatigué. Je sens les vielles choses qui ont servies, la fin d'une journée à la mer, les cahiers neufs.
Les odeurs se posent sur moi pour y rester, ce sont mes histoires  profondes et insondables vite réveillées par un courant d'air ou un passant... 

dimanche 16 juin 2013

Depuis hier






Depuis hier je pense à toi. Comme une évidence tu es apparu dans ma tête . Alors j'ai cherché à te joindre. Et j'ai appris que tu étais mort. 
Il y a plus de trois mois. Le 4 mars 2013.
Pendant ce temps tout était pareil, enfin pas vraiment, mais je n'en savais rien. 
Tu es de ces personnes importantes, rencontrées peu de fois mais avec intensité. Tu ne passes pas inaperçu.
Tu es apparu dans ma vie à un moment où je cherchais. Nous avons correspondu assez longtemps. Puis plus rien. Aujourd'hui en lisant des lignes écrites sur toi, j'ai enfin compris ce silence.
Je me souviens la dernière fois qu'on s'est vus, tu étais tellement gêné.
De ça, du reste, il ne reste que des bribes dans ma tête, quelques mots imprimés, des images, le bruit de la mer, le bateau, la gare Saint-Charles, le dessin animé russe, les rochers, les mots, les mots, les mots, l'écriture.
Tout et rien 
Est-ce qu'on peut être plus absent?
Aujourd'hui je pense à toi. Il n'est pas trop tard?
Sûr que ça te ferait sourire...



samedi 15 juin 2013

A l'évidence







Ils se sont mis en route il y a longtemps. Ils étaient les enfants seuls qui jouent au grenier, les oubliés. 
Ils sont devenus les adultes qui lisent les lignes des mains. Ceux qui savent, devinent, comprennent. A l'évidence.
Ils sont arrivés à l'endroit où l'on donne asile
Ils ont vécu là aussi tranquilles que l'on puisse être
Mais, à l'évidence, partout la colère gronde râle et pleure
A l'évidence ils n'ont rien pu opposer que le silence
A l'évidence il n'y a rien à faire de soi-même qui encombre tant que de s'effacer lentement. Et disparaître.

Mais qui peut dire combien de temps dure la demi-vie de l'évidence?



jeudi 23 mai 2013

Femme de pierre



Femme de pierre tu es dure et froide la lumière t'évite  
tu traverses les siècles sans que rien ne te touche ni les hommes ni leurs enfants 
ton coeur est sec tes yeux sans fond et ta bouche a disparu depuis longtemps à cause de tout ce silence

vendredi 10 mai 2013

La ligne





Sortie du noir 
coupée en deux par son désir d'être vue 
elle agite ses cheveux dans la ligne de tes yeux 
et se trace enfin une existence 



mercredi 27 mars 2013

Chanter




Toutes celles là qui rêvent à toi
et se pendent à ton cou pour te respirer
tu peux feindre de les ignorer et passer à l'accord suivant
mais le bruit ne s'arrêtera pas de sitôt
dans ton dos tourné les voix chuchoteront sans cesse
pour t'appeler à venir contre elles tout près
et chanter

mercredi 20 mars 2013

La peau




La peau enveloppe les larmes sèches et conserve ses vieux vêtements à l'écart des yeux curieux et avides de ses caresses chaudes elle se refuse pourtant elle respire le même air que les autres autour et frissonne à l'idée qu'ils sachent tous les secrets blottis en dessous 
la peau me garde à l'abri elle me garde de peur que j'échappe à moi-même elle est lâche et se plie davantage au fur et à mesure qu'elle perd son temps alors elle se colle à la tienne dans l'idée de guérir sa peine c'est plus chaud à la mesure des minutes et elle devient familière essayant de deviner ce qui ne se dit jamais...

samedi 9 mars 2013

Les jours




Un deux trois... 
Compter les jours les empiler les ajouter 
les beaux jours les sans rien les merveilleux les graves
et tous les autres qui font les années 
Un deux trois...
les amitiés les signes  l'absence les retrouvailles le silence qui n'en est pas vraiment 
le lien qui reste suspendu à son propre fil
Un deux trois...
Maintenant additionne multiplie les nouveaux jours
des beaux des sans rien des merveilleux des joyeux
et puis d'autres encore
Même si je n'en ai pas l'air je pense à toi... 


Pour Mathieu, avec quelques jours de retard...



lundi 4 mars 2013

Deux


Deux presque pareil mais pas tout à fait existent ensemble sans se regarder et si leurs yeux se touchent il n'y en aura plus qu'une seule qui tient debout sans les murs toute seule enfin grande mais à peine adulte plus besoin de rallumer la lumière le soir quand les grands sont partis dormir il fait assez clair maintenant pour savoir où je vais...






mercredi 27 février 2013

Danser




Et pour en finir j'ai éteint la lumière pour mieux danser avec mon ombre et ses regrets dans le silence blanc sans mots j'étais légère pleine de surprise de tourner si facilement sans trébucher j'étais forte et perchée sur mes talons au dessus du reste des vieilles promesses des lâchetés et des paroles en l'air qui finissent par pourrir au grenier je peux danser longtemps  le bal va durer toute la vie qu'il me reste  


samedi 16 février 2013

Ce qui est beau




ce qui est beau
marcher dans les rues le matin parler doucement et longtemps
ce qui est beau
la lumière là où il faut quand elle bouge
ce qui est beau 

la paume de sa main le soleil qui chauffe sa peau 
ce qui est beau 
ton corps penché de tendresse ses yeux qui s'abaissent 
ce qui est beau 
le bas de son dos le creux de son cou
ce qui est beau 
écouter le bruit des voix des autres penser à rien et tout comprendre
ce qui est beau 
le silence et la lumière les yeux des gens
ce qui est beau
la voir nue
fermer les yeux
danser tourner danser
rire encore et encore








mercredi 13 février 2013

La femme folle




Je te connais. Je sais qui tu es, ce que tu sens. Tu es la femme folle, prête à jaillir, jamais loin. Tu marches derrière les autres dans leurs pas de fantôme pour ne pas te perdre. Tu suis les ombres et tu t'y tiens, tu aimes les gares à cause de toutes les belles ombres qui passent. Dans ton espace chaque chose est là, rassurante et bienveillante, ce sont tes murs. Parfois l'absence les fissure mais, toujours, tu te reprends car il t'appartient de rester là pour les tiens et de continuer à marcher dans leurs pas. Ta femme folle parfois s'égare dans les endroits où elle passe, quittant son corps familier et errant dans les allées mais il te suffit alors de tendre le bras pour la rattraper avant qu'elle n'aille trop loin. Et à nouveau tu es là, solide et rassurante, les bras ouverts, tu n'as rien perdu, toutes tes choses sont encore là, identiques et belles.



lundi 11 février 2013

Son oeil noir





Son oeil noir te surveille de près sa main s'agite vers toi pour ne pas que tu oublies qu'elle est là derrière la porte ses pensées s'arrangent pour ne pas te quitter une seule seconde elle reste dans le coin de la pièce dans la ville noire elle se sent bien le temps tourne à son avantage et la rapproche inexorablement de la fin de la journée quand elle pourra s'allonger en douceur et s'apaiser de te retrouver




jeudi 7 février 2013

Je suis assise longtemps près de toi








Je suis assise longtemps près de toi
je crois que tu me regardes
je sais que tu m'écoutes
je pense que tu m'aimes
Je suis assise longtemps près de toi
Les silences sont pleins
Les mots sont pleins
Bouger me déchire
Je suis assise longtemps près de toi
Tu ne me touches pas
Les siècles ont passé
J'ai froid
Je suis assise longtemps près de toi
Tu n'as rien vu.








jeudi 31 janvier 2013

Se tenir loin




Se tenir loin pour y voir plus clair 
se rapprocher et ne plus rien voir 
mettre au point hésiter et s'éloigner 
se rapprocher à nouveau ne pas savoir 
laisser flotter 
mettre au point encore 
fermer l'obturateur 
ouvrir les yeux regarder et recommencer 
ne jamais pouvoir s'arrêter d'aimer les moments fragiles 






lundi 28 janvier 2013

Le corps familier





Le corps familier cache dans ses recoins quelques secrets perdus des vieux souvenirs d'amis enfouis et caressants si tu fouilles en creux tu verras les mots poussiéreux que tu as écris et oubliés il n'y a pas de sens à chercher juste à suivre le fil des creux et des pleins et à dériver dans les plis toujours pareils des jours qui passent sur le corps familier il sera encore là demain ami patient et fidèle

lundi 21 janvier 2013

Tant et plus




Au plus près que tu puisses être de l'intimité rien ne se verra comme tu le souhaites l'autre disparaîtra à ton regard ses yeux ne seront plus dans les tiens mais son corps chaud distribuera la tendresse nécessaire pour que tu te sentes à nouveau dans le monde des vivants ceux qui embrassent entourent étreignent ceux qui font que tu es toi vivant comme un homme debout qui regarde les siens et les aime tant qu'ils ne s'en rendent pas compte tellement l'intimité devient habituelle et nous éloigne les uns des autres à l'inverse de ce qu'il nous faudrait alors rapproche toi au plus près qu'elle peut supporter et aime la tant et plus

mercredi 16 janvier 2013

La fille nue




La fille nue a le corps ferme et souple. Souvent les garçons, et même les hommes, l'invitent contre eux, ce qui parfois la rend heureuse.
Quand la fille nue est devenue une femme nue, son ventre s'est griffé, sa peau s'est froissée.
C'était douloureux et la femme nue a pleuré le départ de la fille nue. Puis elle s'est retournée et elle a vu les hommes qui la regardaient. 
Alors ils ont invité la femme nue contre eux car, maintenant elle savait être heureuse.

lundi 14 janvier 2013

Tic tac





Je suis là, derrière, et je t'observe au fil de l'horizon. 
Comment voir bien ce qui est si précieux, se tenir là, debout, si longtemps, sans que rien ne vacille? 
On ne peut rien vraiment savoir, juste connaître tous ces petits détails, ces riens qui nous tiennent à deux et qui font l'histoire. Si l'on a pu se trouver si fort un jour, être l'un à l'autre dans les heures merveilleuses du Sud, les secondes se sont empilées, sont devenues nos belles années et continuent de s'ajouter l'une à l'autre, tic tac, notre temps miraculeux ne s'arrête plus de courir et je peux t'observer encore et encore...



vendredi 11 janvier 2013

L'enfant





L'enfant a traversé le monde. 
Il a bravé les tempêtes et les dragons, trouvé le trésor, caressé les baleines, embrassé les princesses.
Maintenant ses yeux sont noirs de la poussière des autres et s'étonnent.

mardi 8 janvier 2013

Un autre jour



Hier c'était dimanche. Le temps a passé la nuit et je suis restée dans le présent, seule avec les minutes et les heures, de vieilles amies de tous les jours...

lundi 7 janvier 2013

Dimanche




Dernier jour de la semaine, quelque chose se termine. Toi et moi, parfois pareilles, parfois différentes, nos reflets se fondent dans la lumière. Nous sommes les traces du passé, les soeurs sorcières. Nos empreintes ne dureront qu'un moment, miettes dans l'infini du temps. A peine le temps que l'on nous aperçoive...

jeudi 3 janvier 2013

Samedi




Tracer les contours de l'instant
En délimiter le périmètre
S'y voir et s'y revoir sans fin
Avec le plaisir sans cesse renouvelé de cette petite et merveilleuse seconde qui n'appartient qu'à soi.