jeudi 11 décembre 2014

Le chat (Alice)



Le chat caresse le ventre d'Alice 
au petit matin des jours fastes et heureux 
Alice emporte avec elle l'éclair de l'instant 
le fait pousser tant et si bien 
que l'horloge sonne l'heure exacte à la minute même 
tic tac tu sors de ton chapeau 
tes grands yeux qui mangent le monde
tu sais déjà
que la vie ne dure qu'une fois

Eurgen


jeudi 13 novembre 2014

Dors mon ange


Alice (l'homme sans tain)




Vous connaissez l'homme sans tain?
Je peux vous en parler... l'homme sans tain je l'ai rencontré
il parle de lui à qui veut l'entendre 
de son esprit de sa vie rentrée morne sans issue il est tout gris
il(ad)mire et il absorbe 
éteint ma lumière 
depuis que je le connais j'habite au grenier de mes pensées
Plus haut j'entends les oiseaux qui me chantent attention à cet homme il ne reflète rien que lui-même
la mélodie est belle
et me berce vers ailleurs
de l'autre côté du miroir il y a la sortie 
Je la prends
Puis du dehors je l'aperçois 
il n'est plus seul, il a épousé la femme sans tain il se regardent l'un l'autre ne se voient pas s'absorbent en eux-même et se multiplient à l'infini
Au pays du triste ils vivent malheureux et misérables sans possible
Et moi? 
Je suis Alice maintenant
je marche à merveille, mes jambes au soleil mon coeur au noir le monde ressemble à un grenier aux trésors 
j'ouvre les malles je pousse les cartons 
c'est quelque part je le sais bien c'est moi qui l'ai rangé il y a une minute, un siècle je ne sais plus
Je suis Alice maintenant
Je suis au pays des merveilles 
De l'autre côté 
Et personne ne me voit vous regarder...









jeudi 27 mars 2014

C'est petit




C'est petit un cercueil. Et pourtant...
Il y a tout dedans. 
Ma tête mes bras mes jambes mes yeux fermés mes histoires sans importance mes rancoeurs embaumées 
la famille qui pleure et qui a déjà oublié qui j'étais vraiment, enfin personne n'a jamais vraiment su. 
Même toi il doit bien y avoir quelque part la trace de tes mains. Tout a rétréci aujourd'hui.
C'est petit un cercueil j'aurais jamais cru à ce point 
il ne reste que ça, un corps triste et rabougri alors que je pensais être flamboyante comme ces fleurs des champs avec un rire drôle et une respiration quelle respiration chaude comme ma vie 
Tu me disais:" Princesse elles sont belles tes fesses" elles tenaient toutes entières dans ta main
Et s'ensuivaient toutes ces chaudes séances de sexe et la fête et les enfants  et le travail et les responsabilités et les projets et la musique et les amis et la vie ne s'arrêtait pas une seconde
on y pensait jamais à cette foutue boite petite et étriquée comme tous ces gens qu'on connait eux ils ont la vie longue d'ennui
Et puis voilà 
Comme c'est petit un cercueil
et c'est fini terminé envolé
en un petit instant



mercredi 5 mars 2014

Chez moi



J'ose à penser que toujours tu viendras me voir avec tout ce plaisir sans hésitation tu franchiras ma porte et tu pourras t'asseoir chez moi 
enfin c'est presque chez toi maintenant tu connais la place des tasses du sucre de mes sentiments tu sais au fond de l'armoire derrière l'essoreuse à salade qui sert si peu 
(ah oui les salades celles qu'on raconte aux enfants puis aux grands celles qu'on colporte et qu'on essore jusqu'au bout du matin jusqu'au soir et même la nuit dans nos sommeils troublés)
et puis tu connais les coussins qui glissent du canapé le désordre spécial de mon intérieur qui cache mon esprit si bien rangé loin derrière ce que je dis 
tu as l'habitude maintenant et tu t'installes à loisir la parole facile libre 
libre c'est une chance de pouvoir dire sans arrière-pensées ce qui trotte dans nos têtes à la fin de la journée 
libre de s'asseoir et de se troubler sans peur
libres 



lundi 17 février 2014

Lundi




Parfois, les gens me traversent. Ils ne s'en rendent pas compte. Ils encombrent mon espace de tout ce qui les agite, pleurent sur mes mains. Je les laisse passer.
Parfois les gens s'assoient sur mes pensées. Les écrasent des leurs. Marchent sur mes rêves. Je les laisse se reposer.
Parfois les gens obstruent mes yeux, ferment mes paupières avec leurs larmes. Je les laisse souffrir.
Parfois les gens ne s'arrêtent plus d'être des gens. Et moi je n'arrête plus de les écouter.
Parfois je me trouble et plus personne ne me voit.