samedi 14 novembre 2015

Je ne crois pas en Dieu

Je ne crois pas en Dieu.
J'ai une belle vie, j'aime rire et faire la fête. Je sors, je vais voir des concerts et des spectacles. Je dirai que je me sens libre. J'élève mes enfants dans le respect de l'autre et dans l'idée qu'il faut être solidaires. Cela n’est pas toujours facile, ni parfait mais cela ressemble à la vie.
Dieu ne me manque pas du tout. Je crois en un tas d'autres choses. Je ne suis pas raciste et je ne le serai jamais.
J'ai des amis qui sont croyants. Des amis qui sont pratiquants et croyants. De toutes confessions. Il nous arrive d'aborder la question de la spiritualité. En bonne intelligence, même si nous ne sommes pas toujours d'accord.
Leur vie ressemble beaucoup à la mienne.
Hier soir, j'étais chez moi avec ma famille.
Des hommes armés ont massacrés des gens assis aux terrasses, des cafés et des restaurants, en train d'écouter de la musique, des passants. C'était vendredi soir, le soir de sortir et de s'amuser.
Ces hommes n'ont peut-être rien avoir avec Dieu, tel que l’entendent la majorité des croyants, mais quoiqu'il en soit, ils s'octroient le droit de vie et de mort sur les autres. Ils nous frappent et veulent nous anéantir avec notre insouciance, notre plaisir, nos relations, nos convictions, nos libertés.
Ils sont le Néant.
Je connais ces rues et ces lieux, la rue de Charonne, le Bataclan, le petit Cambodge, la place de la République, la rue Bichat, la Folie-Méricourt... j'y suis allée souvent. 
L'idée que quelqu'un puisse me tirer dessus parce que je bois un verre ne m'a jamais effleurée. 
Cela n'a aucun sens. 
De toute façon, ils ne pourront rien nous expliquer puisqu'eux-mêmes programment leur disparition. On leur a vendu le paradis. Il doit bien y voir quelque part quelqu’un qui les programmés. Un chef, quelqu'un d’intelligent, de manipulateur et d'infiniment pervers.
Cela se reproduit sans cesse dans l’histoire. Les Croisades, l'Inquisition, l’Évangélisation, la chasse aux sorcières. Ceux qui savent. Et les autres qu'il faut faire disparaitre. Les empêcheurs de se flageller tranquilles, les pauvres pêcheurs, les hérétiques.
Religions de toutes sortes et votre cohorte de fanatiques prosélytes, de tous temps et partout, vous avez toujours existé et vous continuez de croître et de vous répandre.
J'aimerais aujourd’hui croire à l'enfer et penser que vous aller y pourrir, pour avoir massacré tous ces gens, ici mais aussi aussi en Syrie, partout dans le monde arabe, pour avoir violé des femmes et tué des enfants, poussé des gens sur des radeaux de fortune à travers la mer. Vous tuez en toute connaissance de cause et sans nécessité, gratuitement pour assouvir votre soif de ... de quoi je vous le demande??
Vous nous haïssez parce qu'on est libres. Vous nous haïssez parce qu'on est laïcs.
Sachez que je vous le rends bien, moi aussi je vous hais aujourd'hui parce que vous êtes des monstres. Et parce que vous ne me laissez pas d'autre choix.
Je ne crois pas en Dieu et, quoique vous fassiez vous les hommes du Néant, je n'y croirai jamais. D'ailleurs je commence à douter: est-ce que vous y croyez vous même? A quoi croyez-vous vraiment?
Vous pouvez sûrement me tuer mais vous ne pouvez pas m'empêcher de vivre tel que je l'entends.
Allez au Diable et restez-y.

Eurgen

mercredi 11 novembre 2015

Cher homme politique

Cher homme politique,

Il existe dans ce pays un régime pervers qui vous conduit de mandat en mandat pour pouvoir conserver votre grand train de vie et nous faire la leçon d'économie. Je ne le supporte plus car ce n’est pas bon pour vous de vous enfermer dans ce système, vous risquez de perdre votre âme dans cette grande précarité politique. Et pendant ce temps, vous n'avez pas le temps de vous occuper comme vous le souhaiteriez des banquiers, des grands chefs d'entreprise, des actionnaires, des assureurs, des mutualistes et autres charognards bien gras qui se nourrissent des petites gens qui triment pour payer leurs dividendes. C’est injuste.
Cher homme politique, je propose donc la suppression totale et inaliénable de ce régime politique actuel coûteux, contre productif et désespérant afin de vous libérer de vos chaines.
Ne soyez pas triste cher homme politique, qui n'avez pas d'idée et ne faites que remâcher les mêmes veilles rengaines, en échange je vous propose de venir travailler avec moi à l'hôpital, à l'école, à l'usine, au théâtre, au supermarché, aux assedics, dans les champs, à la déchetterie, avec nous, les Vrais Gens. Vous verrez, on n’est pas du tout comme vous l'imaginez. On a des idées, des dents, des désirs et même de l'imagination. Vous serez surpris.
Cher homme politique faisons table rase et alignons votre indemnisation sur nos salaires. Vous verrez, on mène grand train tout en bas avec 1500 € par mois. Et surtout ça nous donne de l'imagination. Je peux vous en vendre un peu mais je vous préviens ça n'a pas de prix.
Cher homme politique, appelez moi au 08 12 34 56 (99 € la minute plus coût de mise en relation 155 € plus coût selon opérateur), je peux vous sauver d'un cruel destin d’appauvrissement psychique et de fuite des idées.
Appelez-moi, il est encore temps.
Mais plus pour longtemps.

Eurgen de la confrérie des Vrais Gens


jeudi 25 juin 2015

Je ne sais pas


Je ne suis pas commerciale. Je n'ai rien à vendre. Je ne sais rien vendre. Je ne peux rien vendre.
Je ne sais pas réseau-ner socialement. Je ne suis pas likable.
Je ne suis pas la meilleure photographe, ni la meilleure conteuse,  ni la meilleure clowne.
Je ne sais pas être au-dessus du lot.
Je ne sais pas de quel lot il s'agit. Je ne suis pas au-dessus des autres.
Je ne sais pas réaliser un portfolio de mes meilleures photographies.
Je ne sais pas quelles sont mes meilleures photographies.
Je ne sais pas remplir le meilleur dossier de moi-même et de mon art.
Je ne sais pas vraiment pourquoi je photographie. 
Je ne sais pas pourquoi j'arrêterais de faire ce que je fais.
Je ne sais pas donner le meilleur de moi-même.
Et, d'ailleurs, pourquoi je vous le donnerais, à vous que je ne connais pas?

Je ne sais pas comment vous plaire à chaque seconde et me faire aimer à chaque minute.

Je ne peux pas perdre mon temps à tenter en vain de faire la promotion de moi-même.
Je ne suis pas un sujet de promotion.
Je ne sais pas mériter telle ou telle place.
Je ne sais pas parler de moi.
Je ne sais pas faire parler de moi.
Je ne sais pas être reconnue.
Je ne sais pas avoir un nom.

J'ai un nom. 
Je m'appelle comme vous.


mardi 21 avril 2015

jeudi 5 mars 2015

Exposition 1+1

 




A venir l'exposition 1+1 au Séchoir du 13 mars au 19 avril 2015.
Retrouvez moi au vernissage le vendredi 13 mars à 18h30!
Et, en attendant, à la radio pour en savoir plus sur ce travail et plein d’autres choses, suivez le lien:
Dialogues Créatifs sur Radio Eponyme


jeudi 8 janvier 2015

Nous sommes Charlie





Aujourd'hui je suis Charlie.
Mais demain?
Hier, mes parents sont morts, ceux des années 70, ceux là qui ont libéré la société de ses entraves, ceux qui voulaient vivre et penser librement.
Mais n'allez pas croire qu'ils sont morts brutalement, cela faisait déjà quelques années qu'ils agonisaient, repoussant le cancer de la peur et de la sécurité.
J'ai entendu ce matin que tous les représentants des grands partis politiques allaient rencontrer le président de la République. 

Dont le FN. Le parti de la haine. 
Même s'il revêt des habits respectables, il reste et restera toujours le parti de la haine et de la peur.
Ils avaient de l'imagination à Charlie, trop pour certains semble-t-il, mais lequel d'entre eux aurait pu dessiner son propre cercueil avec le FN qui marche derrière?
Alarmez vous aujourd'hui car qui va nous protéger de nous même, de ce fond de peur ancestrale qui peut nous transformer en ennemi des hommes? 

Alarmez vous car on nous endort devant la télé. 
Alarmez vous car le loup s'est déguisé en grand mère, qu'il a bouffé le petit chaperon rouge et que les chasseurs ne sont plus là pour lui ouvrir le ventre avec leurs crayons... 
Parler et agir pour que le pire n'arrive pas c'est maintenant.
Ici et maintenant. 

Eurgen
‪#‎JeSuisCharlie‬