mercredi 6 juillet 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 3 : LE chef et ... LA chef

Un peu plus tard, il m'est arrivé, avec bonheur, d'avoir un deuxième enfant. 
Lorsque j'ai repris le travail, moins fragile que la première fois, de nouveau à temps partiel, tout s'est bien passé. Je connaissais la chanson, comme pour l'accouchement, je ne me laisserai pas surprendre deux fois. 
Cette fois pas de changement de planning, j'ai retrouvé ce que j'avais, même si je devais faire pareil en deux fois moins de temps, mais comme il se trouve que j'aimais mon travail, ce n'était pas un problème. 
Mon enfant a grandi, un peu, pas beaucoup, et j'ai senti, allez savoir pourquoi, que je devais augmenter à nouveau mon temps de travail pour ne pas perdre ce poste que j’aimais beaucoup. "La loi me protège, je suis tranquille" j'ai pensé.
Sauf que.... ma demande n'a pas abouti. Le bout de poste manquant avait... disparu, en même pas six mois !
J'ai commencé à avoir peur, je me souvenais de la dernière fois, pourtant j'ai pris rendez-vous avec LE Chef, celui de la dernière fois, celui qui m'avait fait pleurer.
Le jour dit, je suis allée le voir, heureusement ce n'était pas le même bureau que la dernière fois. Il m'a souri d'un air bonhomme. "Oui, oui je sais mais vous savez je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi qui décide, à l'hôpital les postes peuvent disparaitre (vraiment désolé mon p'tit  vous êtes bien mignonne mais ici c’est sérieux une affaire d'homme qui s'y connaissent), veuillez contacter LA chef au-dessus elle pourra peut-être faire quelque chose pour vous mais ce n’est pas sûr, les temps sont durs, on ne décide plus de rien nous les médecins".
J'ai donc appelé LA chef au-dessus qui m'a fixée un rendez-vous.
Elle m'a reçu dans son bureau. "Oui je sais c’est bien ennuyeux ces postes qui disparaissent (pendant que les femmes font des enfants), moi-même je n'y comprends rien, j'aimerais tant vous aider mais ce n’est pas moi qui décide c’est LE chef de l'autre filière désolée."
Alors, j'ai appelé LE chef de l'autre filière, celui qui m'avait fait pleurer la dernière fois que j'avais eu l'idée saugrenue de faire un enfant.
"Désolé pour toi, mais je n'y suis pour rien les postes disparaissent on ne sait comment, c'est la direction mais faudrait voir de toute façon, est-ce que ton activité est vraiment justifiée et présente un intérêt pour les patients, un mi-temps suffit tu ne crois pas? Prouve moi que ce que tu fais est vraiment utile"  
Je n'ai pas pleuré mais à ça c'est fendu à l'intérieur de moi. J'ai commencé à justifier l'utilité de mon travail, d'ailleurs "ici on est content de moi et c'est très utile pour les patients". Embourbée j'étais.
"Désolé mais je ne peux vraiment rien faire" il a ajouté.
J'ai pleuré longtemps dans mon bureau.
Le lendemain, j'ai appelé un syndicat de l’hôpital, je me suis affiliée.
Le mois d'après je réintégrai mon poste. Comme le loi le prévoit. Comme j'en ai le droit. Comme vous en avez le droit. Comme nous en avons toutes le droit. Même vous Madame LA Chef. 
Ce soir, je pense spécialement à vous. 
Et vous, à quoi pensiez-vous l'autre fois? 
J'aimerais tant savoir...


A suivre.... La revanche des femmes