dimanche 18 décembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 8 : la pute et la sémantique

Celle-ci sera brève, c'est bientôt Noël, on n'a pas trop le temps de changer le monde.
J'ai très souvent entendu dans la bouche des hommes (et même de certaines femmes) dire à propos d'une femme qui a des relations avec au moins deux hommes, soit de manière rapprochée, soit au même moment que c'est une pute.
Pourtant, on sait bien qu'une pute, ou moins vulgairement une prostituée, c'est une femme qui se fait rétribuer pour avoir des relations sexuelles.
C’est pourquoi d'autres préféreront employer à l’égard de cette même femme le terme de salope, qui celui-là n'induit pas de relation d'argent et implique de la part de cette femme une duplicité perverse supplémentaire. Oui, elle le fait par plaisir.
A ne pas confondre avec le versant masculin, le salaud est un homme qui fait souffrir particulièrement une seule femme, en général en la quittant pour une autre. Il est entendu que la femme quittée ne peut pas se remettre de cette perte immense.
Salope et salaud n'ont pas les mêmes significations. C'est troublant. Et discriminant.
Tout le monde sait qu'un homme qui des relations simultanées et/ou rapprochées avec au moins deux femmes, est appelé un séducteur, un coureur de jupon, un homme à femmes
Personnellement, on ne m'a jamais parlé de femme à hommes. Mais il n'est pas exclu que ça existe.
Les mots sont puissants. Ils ordonnent notre pensée et notre monde.
Et je viens de découvrir avec stupéfaction, en ce quatrième dimanche de l'Avent, que le mot pute ne s'applique qu'aux femmes.
C'est pourquoi en cette veille de Noël, je propose bien fraternellement de réparer cette injuste discrimination. 
Oui, je suggère qu'on puisse, nous aussi, abuser le langage.
Et qu'enfin on puisse dire à propos d'un homme qui a des relations nombreuses et multiples avec plusieurs femmes (ou hommes) que c'est :
un pute
un gros pute
un sale gros pute.

Voilà, joyeux Noël.
Liberté, égalité et fraternité dans votre bouche et votre cœur.



mercredi 7 décembre 2016

Le croquemitaine et la démocratie, des nouvelles du monde




Tu m'entends ? Dis tu m'entends bien, je dois te parler, c’est le moment...
C'est évident maintenant tu connais bien la démocratie, je ne te ferai pas l'affront de te l'expliquer à nouveau.
Mais le croquemitaine tu le connais ?
Tu sais, il se cache sous le lit des petits enfants comme toi, dans des lieux glauques et sombres. Papa et maman t'ont prévenu, le monstre est affreux, féroce, étrange, venu d'un autre monde, il viendra t'emporter, te dévorer et que sais-je encore, si tu n'es pas sage.
Tu n’es pas bien sûr que tu as été suffisamment sage, tu as peur chaque soir quand tu dois te coucher, et tu as peur aussi dans les lieux sombres et inconnus qui peuplent le monde.
Alors tu demandes à tes parents de te protéger.
De vérifier qu'il n'y a rien sous le lit, de laisser la lumière allumée, de fermer la maison, de surveiller ta chambre la nuit.
Tu as confiance en tes parents. S'ils disent que le monstre est là c'est qu'il est là. Papa et maman sont là pour toi. Ils n'ont aucune raison de te mentir. D'ailleurs ils t'ont dit que mentir c'est mal.
Tu te tiens tranquille, tes parents règnent sans partage sur la maisonnée. Au besoin, si tu n'es pas sage, les parents convoquent le monstre et tout rentre dans L'ORDRE.
....
Mais, maintenant, tu sais bien qu'il n'existe pas le croquemitaine, tu es un adulte. Tu sais raisonner, comprendre, parler. Tu es informé de la nature du monde. Tu es cartésien. Tu es sage. Tu aimes les gens.
Tu peux dormir tranquille. 
Mais tu regardes quand même sous ton lit.
Tu as entendu dire partout, tout le temps, qu'il s'y cachait tant de monstres velus et assoiffés de ton  sang, de ton argent, de ta maison : des réfugiés, des fraudeurs, des immigrés, des femmes, des terroristes, des avorteurs, des jeunes de banlieue, des fonctionnaires, des allocataires, des intermittents du spectacle, des accidents de voiture, des cancers mortels, des chômeurs, des feignants, des profiteurs...
Ils sont là, tapis, prêts à sortir quand la nuit sombre s'étendra sur notre pauvre monde. 
C'est vrai bien sûr, tes autres parents, ceux de la nation, te l'ont dit. Et tu sais de source sûre que ce ne sont pas des menteurs. Parce c’est mal de mentir.
Mais ce qui est rassurant c’est qu'ils vont prendre des mesures. Des super mesures pour ta sécurité. Et pour que tout rentre dans L'ORDRE.
Avec ça et ton Tranxène, tu dormiras enfin tranquille.
Au fait, quelle rapport avec la démocratie ? Hein ?? .....

-  Lève toi c’est l'heure ! Hein quoi, qu'est-ce que tu dis ?
- Je ne sais plus, j'ai dû rêver, j'étais en France en 2016. Il y avait des croquemitaines partout dans les rues. Quel horrible cauchemar...

Heureusement, ma mère m'a réveillée, c’est l'heure de l'école. Faut que je me dépêche, je vais être en retard.
Aujourd'hui, cours d'histoire : La chute des régimes démocratiques au 21ème siècle : le Grand Tournant du Trumpisme et les origines de L'ORDRE.
J'espère avoir une bonne note.

Rêveuse Anonyme,
France, le 7 décembre 2116.



 
 






 




Paroles de sorcières, contes pour les femmes et les hommes



Abracadabra, venez sorcières et magiciennes.

Admirez la petite qui fait ses premiers pas dans les empreintes de l'ours, elle a les yeux immenses
Elle collectionne les mots de grands
Pour plus tard
Maintenant regardez la jeune fille qui palpite pour les hommes pressés d'obtenir ses charmes
Ils ont des yeux de loup
Elle hésite

Abracadabra elle s'est mise contre toi
C'était tellement simple que ça lui a fait peur
C'était un coup du sort
Elle est restée là, pendue à toi

Abracadabra venez sorcières et magiciennes
Voyez la femme pressée derrière ses enfants qui porte en chagrin la jeune fille passée
La colère gronde la sorcière arrive dans son ventre

Abracadabra la femme fait des rêves, elle connaît les sorts et les envoûtements des hommes et des femmes
Absorbe leurs secrets
S’inhibe de leur peine
Ils sont nus pour elle
Et elle, la sorcière, danse nue la nuit, c'est bon et drôle

Abracadabra le temps passe de sorts en sorts
On vient de loin pour voir la guérisseuse
Le temps passe et l'absorbe petit à petit

Et maintenant, qui es-tu vieille sorcière?
Tout ce que tu as vu, tout ce que tu sais,
Pourvu que tu ne brûles pas sur le bûcher...

Venez découvrir Paroles de sorcières en avant-première à La Ruche aux Deux Reines jeudi 8 décembre à 21 h !
C'est au 34, rue de la course à Strasbourg.




 

samedi 3 décembre 2016

On est tous égaux même les femmes, épisode 7 : Le café branché et la branche de céleri

Alors hier au soir, pour vous dire si c'est frais, je suis allée avec trois collègues prendre l'apéro dans un café branché de Strasbourg.
Vous savez le genre d'endroit où tout le monde est assis en bonne intelligence et en bon niveau socio-culturel à la même grande table à boire de mauvais cocktails très chers.
Assis à côté de nous, il y avait un groupe, des collègues également, des hommes et des femmes d'une quarantaine d'années. La conversation s’est engagée entre les deux hommes à nos côtés et nous trois. L'homme à côté de moi, plutôt sympathique au demeurant, s’appelait T... (Il m'a demandé de garder l'anonymat).
Ma collègue en face avait pris un cocktail dans lequel était planté, on ne sait trop pourquoi, un branche de céleri frais. Quelqu'un a demandé pourquoi elle ne mangeait pas le céleri en question. Ce à quoi elle a répondu : "beurk c'est pas bon, c’est tout mou".
Et toi, sympathique T., de lui lancer : "T'aimes pas les trucs mous, ça tombe bien..."
Bien sûr j'ai relevé. Tu étais un peu gêné quand même. Puis je t'ai dit que j'écrivais un blog au sujet des hommes et des femmes. Là, tu étais extrêmement gêné, voir honteux, tu m'as demandé de ne pas écrire là dessus et tu m'as assuré que tu étais pour l'égalité des hommes et des femmes.
A vrai dire je te crois. Tu m'avais tout l'air de quelqu'un de respectueux et plutôt sensible, pas du genre à dire ça.
Mais alors ???
Oui, alors cher T. qu'est-ce qui peut te pousser à comparer ton sexe à une branche de céleri pour séduire une femme ?
Rassure-toi, tu n'es pas le seul, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde dans des cafés branchés du monde entier ou ailleurs, d'autres  hommes comparent leur sexe à tout un tas de choses plus ou moins longues, grosses et dures dans le but de séduire des femmes.
Je me permettrais donc de te livrer ma statistique du jour : cela fonctionne dans moins de 5 % des cas
Et, cher T., ce n’est pas pas parce que les femmes ne s'intéressent pas au sexe des hommes, elles s'y intéressent beaucoup contrairement à ce que tu penses. Il paraît même que certaines, dont je suis, aiment le sexe des hommes.
Alors me diras-tu?
Alors, je vais te livrer un secret de séduction jusque là bien gardé qui t'évitera des déconvenues à venir : moins de 5 % des femmes aiment le céleri....
Mais chut...
Sur ce, je t'embrasse cher T.,
Au plaisir,

Eurgen